Le comportement des utilisateurs vis-à-vis des marques est-il différent sur Facebook et Google+ ?

En ce moment, nous pouvons lire beaucoup de choses, la mort de Facebook par-ci, son contraire par là. Google+ la ville fantôme ou la terre de ceux qui bondissent comme des lions dès que l’on en dit du mal. Des réflexions intéressantes, quelque soit l’angle choisi par les auteurs, et en même temps, je ne me suis pas imaginé écrire un billet pour dire Facebook va survivre ou crever, Google+ va végéter ou exploser. En revanche, je me suis demandé si le comportement des utilisateurs vis-à-vis des marques était différent selon le réseau social entre Facebook et Google+ car c’est bien mignon de vouloir faire gagner l’un des deux, mais sont-ils mutuellement substituables ?
Larry Page
Attention il y a deux écoles, soit tu considères que les deux réseaux sociaux se ressemblent : on a un profil, il y a des pages pour les marques, des groupes/communautés, on peut liker/+1, partager et commenter des textes, des photos et des vidéos et donc tu penses que la deuxième école sont justes des pointilleux en disant qu’ils ne se ressemblent pas car attention, sur G+ il y a les hangouts et les cercles sont plus pertinents que les listes (wouhou). Bref, c’est un autre débat et cela pourra faire l’objet d’un billet controversé. En tout cas, je suis plus ou moins de la première école, je le précise car c’est l’essence même du raisonnement que j’ai eu. Ceux de la seconde école se feront sûrement chier en lisant ce billet et ferait mieux de dire que Google+>Facebook ici et .

Les présentations sont faites, venons-en aux faits. Première question que je me suis posé, je la rappelle en gros titre :

Le comportement des utilisateurs vis-à-vis des marques est-il différent selon le réseau social entre Facebook et Google+

Le protocole est simple et je suis parti sur du quali, pas du quanti, en gros, vous prenez ou ne prenez pas ce que je vais vous raconter selon votre considération des analyses faites sur de petits échantillons. J’ai pris plusieurs marques dont RedBull, Allociné, UNESCO, Assassin’s Creed, Coldplay, AngryBirds, FC Barcelona, France Télévisions… et j’en passe, l’idée était d’avoir des marques aux stratégies diverses et aux sujets variés : le sport, la musique, l’associatif, le divertissement, l’alimentaire…
Dans ce premier temps, je me suis concentré uniquement sur les posts dont le fond était exactement le même, en fait ne pouvait varier que le commentaire de la marque associé (cela dit c’était très rare). Photos, liens, ou vidéos étaient les mêmes. Bien entendu, même si j’ai observé des pages globales sur Facebook je ne tiens pas compte de leurs résultats car j’ai fait un rapport avec le nombre de suiveurs sur Google+ et de fans sur Facebook, les données seraient faussées.

Je n’irai pas par quatre chemins. La réponse à ma question est donc oui et les constats sont les suivants :

  • Les utilisateurs commentent plus sur Google+ que sur Facebook, c’est systématique et cela va d’une variation de +10% (Assassin’s Creed) à +400% (RedBull)
  • Les utilisateurs aiment et partagent plus sur Facebook, parfois 16 fois plus que sur Google+. Cet énorme écart est pour l’UNESCO, c’est aussi la marque qui a un gap nombre de posts sur Facebook et Google+ le plus important. Pour un post G+, vous aurez 6 posts sur Facebook. Mis hors concours, l’écart tombe à 8 fois.
    Autre particularité, les partages pour Redbull sont plus important sur Google+ que sur Facebook
Le retour du phénomène après la nouvelle UI Google+

Le retour du phénomène après la nouvelle UI Google+

Les likes/partages sont-ils influencés par le réseau social lui-même ?

C’est ce dernier élément qui m’a poussé à voir si Redbull est vraiment une exception. J’ai observé les posts exclusifs à un réseau social. Je l’ai fait seulement pour les marques qui proposaient des exclusivités sur les deux réseaux. Inutile de vous dire que le plus dur était de trouver des exclus G+. D’autant plus que j’ai mis de côté les hangouts lors de cette seconde réflexion.
La réponse à cette question est cela dépend. Distinguons Facebook et Google+ :

  • Sur Facebook, un contenu qui lui est exclusif n’influencera pas l’interactivité, au contraire même, l’interaction baisse de 20% à 50%, pourquoi ? C’est certainement mon petit échantillon qui en est la cause, il faut surtout retenir que cela ne change pas.
  • Sur Google+, un contenu exclusif fait passer tous les compteurs au vert, du partage au commentaire en passant par le +1, tout augmente. Mais l’augmentation est significative surtout sur les partages et +1 qui peuvent parfois tripler.

Si nous nous concentrons sur les hangouts. L’influence est légèrement supérieure mais pas de quoi exploser de joie pour les adeptes de G+. Toutefois, j’ai envie de donner un peu d’eau au moulin avec le cas de France Télévisions qui a pu exploser ses scores par ce biais. C’est simple, sur Facebook, il faut attendre de souhaiter la bonne année pour avoir les mêmes résultats. Sur Google+, plusieurs hangouts différents ont permis des augmentations d’interactivité de 400% sur la plateforme. De quoi dépasser largement leur activité Facebook habituelle (du simple au double).

Et pour une marque exclusivement sur Google+ ?

J’ai fini mon tour d’observations avec cette nouvelle interrogation et avec en tête notamment, un certain Président Crème. J’ai ajouté Google en me disant que je me préparais à l’évincer de l’échantillon à cause d’un potentiel phénomène fanboy. Ma peur fut infondée, les résultats y étaient même moins probant que pour Président Crème. Etre exclusivement sur Google+ influence positivement l’interaction des suiveurs avec la marque concernant les +1 et les partages. Les commentaires en revanche ne bougent pas. Des infos à prendre avec des pincettes, malheureusement aujourd’hui, l’analyse est impossible à faire. Au mieux, nous pouvons établir quelques hypothèses à vérifier. Si vous avez des marques qui sont sur G+ et pas sur Facebook, n’hésitez pas à m’en faire part, je poursuivrai mes tests.

Les hangouts peuvent-ils faire la différence ?

Les hangouts peuvent-ils faire la différence ?

Quoi retenir ?

Il y a des tonnes de facteurs à prendre en compte, nous avons là des éléments de réponse. Il se dégage quand même des observations intéressantes. Si l’on se concentre sur les comportements des individus envers les marques, ils partagent et likent plus sur Facebook tandis qu’ils commentent plus sur Google+. C’est amusant quand on sait que les utilisateurs passent 7 petites minutes sur G+ par mois. Pourrait-on alors dire que les utilisateurs Google+ consacrent plus de temps aux marques que les Facebookiens ? Hypothèse pertinente dont la raison cachée est certainement l’âge médian qui n’est pas le même sur les deux réseaux sociaux. En fait, l’âge est peut-être le point de départ de l’ensemble des comportements, une piste qui se dessine à l’observation d’Assassin’s Creed qui est la marque à priori la plus jeune et la marque ayant le moins d’écarts comportementaux entre Facebook et Google+. D’ailleurs, un détail important arrivé en toute fin d’observation, le réseau social n’influence pas quantitativement l’interaction. Comprenez par-là qu’à nombre égal d’utilisateurs, le nombre d’interactions sur les deux réseaux sociaux sont sensiblement les mêmes pour un sujet donné.
Autre information qui me semble intéressante et qui casse cette idée que Google+ n’est pas comme Facebook, c’est que les comportements G+ se rapprochent de Facebook lorsque la marque a une présence uniquement sur Google+. Cela signifierait aussi que Google+ a déjà les cartes en main pour se substituer à Facebook, les résultats pour une marque se montre particulièrement pertinent étant donné qu’il n’y a aucun budget communication attitré au réseau social. Toutefois, la migration, si elle a lieu, prendra du temps pour deux raisons essentielles, il y a d’abord l’hégémonie Facebook même s’il y a déclin BLABLABLA. Et il y a ensuite la stratégie de Google qui reste dans la subtilité, sans aucune communication agressive pour son réseau social. Wait & See.

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